Dès samedi, les Ontariens âgés de 21 ans et moins devront s'absternir de consommer la moindre goutte d'alcool avant de prendre. Fini le verre de vin au resto ou la margarita sirotée tranquillement avant de rentrer chez soi.
D'accord avec l'interdiction de toute consommation d'alcool - après tout, l'alcool fait encore trop de ravages sur les routes - mais tant qu'à adopter une loi aussi sévère, pourquoi ne pas viser tous les conducteurs? Ça donne le signal que dès qu'on souffle les 22 bougies, on peut y aller à fond et prendre le volant en étant "à peu près sûr" que notre sang ne dépasse pas les 0.8 mg d'alcool permis. Au Québec, si ma mémoire est bonne seuls les détenteurs d'un permis probatoire ne peuvent consommer avant de prendre le volant, mais il s'agit d'une période plutôt courte.
De toute façon, il est prouvé qu'après une seule consommation, nos réflexes diminuent et peuvent affecter la bonne conduite.
Les jeunes conducteurs - qu'ils proviennent de l'Ontario ou d'une autre province - qui contreviendront au nouveau règlement verront leur permis de conduire suspendu sur-le-champ pour une période de 24 heures. Tout dépendant des circonstances, ils pourraient être passibles d'une suspension jusqu'à 30 jours accompagnée d'une amende maximale de 500 $.
«Nos conducteurs novices méritent notre aide afin de les préparer à toute une vie de conduite sans danger», estime Kathleen Wynne, la ministre des Transports.
Ces changements apportés à la Loi sur la sécurité routière découlent du nombre élevé de collisions mortelles impliquant de jeunes conducteurs en état d'ébriété. Depuis 10 ans, 235 conducteurs âgés de 21 ans ou moins ont trouvé la mort dans des collisions routières où l'alcool était en cause.
«Les statistiques donnent raison au gouvernement provincial d'imposer des règles plus strictes. Il en va de la sécurité de nos jeunes et de tous les autres conducteurs sur nos routes», affirme la conseillère Maria McRae, présidente du comité des transports de la Ville d'Ottawa.
À l'heure actuelle, seuls les détenteurs d'un permis d'apprenti de type G1 ou G2 sont tenus d'être complètement sobres lorsqu'ils prennent la route. Les détenteurs d'un permis complet de type G ont droit à un taux d'alcoolémie de 0,08 %, quel que soit leur âge.
Le chef de police veut plus
Or, de l'avis du chef du Service de police d'Ottawa Vern White, la nouvelle politique de tolérance zéro devrait s'étendre à tous les automobilistes plutôt qu'aux seuls chauffeurs de 21 ans et moins. «Les gens qui boivent ne devraient pas être sur la route, quel que soit l'âge. C'est pour cela que j'aurais été en faveur qu'on étende la faveur à tous», a expliqué hier soir le chef White.
«Les gens vont-ils suivre à la lettre la nouvelle réglementation? Non, je ne pense pas», a-t-il ajouté.
L'organisme Mères contre l'alcool au volant (MADD) salue la décision de Queen's Park. Les nouvelles règles «donnent le temps aux jeunes conducteurs de bien apprendre la conduite automobile avant de leur permettre d'y mêler un peu d'alcool», indique la porte-parole Marie-Claude Morin. Elle estime que l'Ontario fait un pas dans la bonne direction, alors que le Manitoba a déjà adopté un règlement semblable et que le Québec s'apprête à en faire autant.
Pour sa part, Mme McRae se dit confiante que ces nouvelles règles refroidiront les ardeurs des jeunes conducteurs qui parfois banalisent la consommation d'alcool. «Ils vont devoir comprendre que les lois sont là pour être respectées», insiste-t-elle.
L'élue du quartier Rivière rappelle aussi l'importance de sensibiliser les jeunes conducteurs au moment de leur octroyer un permis. «Il n'y a rien de plus douloureux que d'entendre le témoignage d'un jeune qui a perdu un ami ou qui a été gravement blessé dans une collision où l'alcool était en cause», soutient Mme McRae.
Queen's Park va aussi resserrer les règles pour tous les détenteurs de G2 et G1 qui seront reconnus coupables d'infractions au Code de la route qui s'accompagnent de quatre points d'inaptitude ou plus. Ces conducteurs seront passibles d'une suspension de 30 jours pour une première infraction, de 90 jours pour une deuxième infraction et d'une révocation de leur permis pour toute autre infraction.





